L'État du Maine entre comme une flèche au coeur du Canada français. En effet, si l'on prolongeait vers l'est le quarante-cinquième parallèle qui sépare le Québec du Vermont, les deux tiers du Maine se retrouveraient au nord de cette ligne. Les anciennes racines acadiennes du Maine sont souvent oubliées et ses plus récents rapports intimes avec le Québec écartés.

En 1604, le bateau de Samuel de Champlain, qui devait fonder la ville de Québec quatre ans plus tard, s'échoua à proximité de l'île qu'il nomma « Mont Désert », située dans l'actuel parc national d'Acadia sur la côte du Maine. Le nom reflétait le manque de végétation sur le flanc des montagnes qu'il y voyait.

Le plus connu des sept sommets, le mont Cadillac, porte le nom d'un autre explorateur français, Sieur Antonine de la Mothe Cadillac. À l'été 1696, au cours de sa campagne navale, Pierre Le Moyne d'Iberville visita les installations acadiennes à Pentagoët (aujourd'hui Castine) et au Fort Pemaquid (aujourd'hui Pemequid).

Le ruisselet d'immigration en provenance des provinces de Québec et du Nouveau-Brunswick au moment où le Maine devint état américain en 1820 devint torrent au cours la dernière moitié du dix-neuvième siècle et du premier tiers du vingtième.


Pierre Le Moyne d'Iberville

Plusieurs trouvèrent du travail dans le domaine de la construction si courante dans les villes qui foisonnaient dans le nouvel état ou plus tard dans ses vastes forêts ou dans son industrie du textile en pleine expansion. Les terres agricoles, de part et d'autre du fleuve Saint-Jean, attirèrent des immigrants canadiens-français du Bas-Saint-Laurent au Québec et des exilés acadiens du Bas Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. En 1842, Le Traité d'Ashburton-Webster mit fin au conflit entre le Canada et les États-Unis concernant la frontière entre les deux pays et coupa en deux la communauté francophone, les gens de la rive droite devenant citoyens américains, ceux de la rive gauche canadiens.


D'après le recensement des États-Unis de 1990, sur le million de citoyens de l'État du Maine de 5 ans et plus, 336 000, environ le tiers, seraient d'origine française, canadienne française ou acadienne. De ce nombre, environ 80 000 utilisaient encore le français couramment. L'intensité de cet usage et sa vitalité varient de manière marquée, tout dépendant de la distance du Canada français, de la dimension de la communauté, du degré d'urbanisation et de plusieurs autres facteurs. La première section du site web, intitulé La population aujourd'hui, comprend des cartes illustrant la répartition des communautés francophones du Maine et fournissant une idée quant à leur vitalité linguistique et culturel.

La deuxième section, Chemins historiques, rappelle les processus historiques qui furent à l'origine de ces communautés. Elle identifie et situe les principales routes qui leur permirent de se former. Les récits de vie d'immigrants ayant parcouru ces chemins alimentent le texte.

L'importante troisième section du site donne accès aux travaux de recherche inédits concernant le fait français au Maine. Il s'agit surtout de mémoires de baccalauréat et de maîtrise qui auraient une diffusion plutôt restreinte, n'eut été leur inclusion ici. D'autres études de ce type qui nous seront soumises pourront profiter de ce même avantage.
Le site peut se résumer de la manière suivante :
Population d'aujourd'hui

Le volet CONTEMPORAIN sert à localiser la population francophone et francogène de l'état du Maine par la présentation de cartes illustrant diverses variables (origine ethnique, langue parlée à la maison, vitalité de la langue française) à différentes échelles.


Chemins historiques

Le volet HISTORIQUE illustre les principaux chemins historiques qui ont facilité le passage des francophones du Québec et du Nouveau-Brunswick vers le Maine: le chemin du Roy, la route du Lac Mégantic, la route Coös, la route du Canada, les routes d'Aroostook, la route Airline, le chemin de fer du Grand Tronc, la route de service California et le chemin de fer du Canadien Pacifique.


Travaux récents inédits

Cette section regroupe des mémoires de baccalauréat et maîtrise d'étudiant(e)s sur le sujet.