Le chemin de fer du Canadian Pacifique

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  4. Voyageurs : Joseph Forgues et Obeline Lacroix

  1. Voyageurs: Joseph Forgues et Obeline Lacroix

Joseph Forgues et Obeline Lacroix
Une des conséquences de la construction de la « Short Line » du Canadien Pacifique à travers le Maine fut la croissance marquée de l'industrie forestière et son développement dans la région frontalière située entre cette partie du Canada et les États-Unis.

Pour plusieurs Canadiens français vivant au Sud-Est du Québec, l'augmentation des possibilités de trouver de l'emploi dans ce contexte de prospérité économique a été l'un des nombreux facteurs qui les a amenés à émigrer de façon permanente et non plus saisonnière comme c'était le cas auparavant. La famille de Joseph et Obeline Forgue de Saint-Magloire, dans le comté de Bellechasse, au Québec, est un exemple de ce type de migration.

Joseph et Obeline s'étaient mariés dans les années 1890. Ils quittèrent leur demeure après l'incendie de leur ferme et prirent la direction de l'est pour s'établir à Chesuncook, une enclave forestière prospère sur les bords du lac Chesuncook, dans les montagnes de l'Ouest du Maine.

Le prêtre missionnaire de Jackman, Joseph Forest, originaire de Montréal, nous fournit une image de cette famille telle qu'il l'a vue en 1906. Le prêtre Forest, à qui on avait confié la cure de Jackman, officiait pour les catholiques canadiens-français et irlandais établis le long de la « Short Line », de Lowelltown à Greenville. Il se rendait également dans les chantiers, de Chesuncook à Caratunk.

Il appert que les nouvelles que le curé Forest colportait constituèrent une forte incitation à venir s'établir à Jackman, dans sa paroisse de Saint-Antoine de Padoue. En 1906, il venait tout juste de conclure une entente avec les Soeurs jésuites missionnaires de Saint-Joseph de Lyon pour que des religieuses de cette communauté prennent en charge l'école de sa paroisse dont la construction était en train d'être complétée.

Pour plusieurs travailleurs saisonniers des chantiers auxquels il rendait visite en hiver et qui auraient pu souhaiter s'établir au Maine de façon permanente, le fait de savoir que des religieuses francophones étaient responsables d'une nouvelle école a certainement été un sujet de réflexion. Au milieu des années 1920, la population de Jackman dépassa 2000 habitants ; près de 70 pour cent d'entre eux étaient Canadiens français. Il ne fait aucun doute que cette croissance démographique avait un lien avec l'existence d'une paroisse bien organisée à Jackman ; en effet, il y avait un prêtre francophone, une église et une école tenue par des religieuses francophones. À l'époque de la visite du curé Forest à Chesuncook, la famille étendue des Forgue comprenait Joseph, Obeline, leurs enfants de même que Narcisse, le père de Joseph, sa soeur Camille et l'époux de celle-ci, Joseph Nolet.

Dès 1912, Joseph Forgue et sa famille s'étaient rendus au sud par la « Short Line » pour s'établir dans la paroisse de Saint-Antoine de Padoue, à Jackman. C'est du moins cette année-là que le curé Forest nota pour la première fois les noms des familles Forgue et Nolet au cours de sa visite paroissiale.

À l'époque, les deux familles s'étaient établies dans la partie sud de la paroisse. Joseph et Obeline avait deux enfants dont Willie qui naquit à Jackman en 1913. Pendant plusieurs années, Joseph travailla dans l'Ouest du Maine, alors que l'industrie forestière y était alors en plein essor. On sait par ailleurs qu'il travaillait pour la paroisse, fournissant notamment du bois de chauffage au lieu de payer une dîme annuelle. En outre, sa famille était la première que le curé Forest visitait lors de sa tournée paroissiale annuelle.

Gérard Forgue, Université du Maine, Orono, 1998
(Photo de Barry Rodrigue).
Gérard Forgue
Maine Woods Petit Canada : Jackman's paroisse St. Antoine de Padoue, 1880-1930 ;
Orono : thèse de maîtrise, Université du Maine, 1994.

Jackman Bicentennial Book Committee
The History of the Moose River Valley ; Augusta : Kennebec Journal Printing, 1976, 116-30.


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