La route Canada

  1. Situation géographique et contexte historique
  2. Histoire
  3. Migrations et villes
  4. Voyageur : Tom Plant
  5. Les enfants et la route du Canada
  6. Ancienne route du Canada, corridor international
  7. Projet Chaud-Bec
  8. Beauce-Maine, Territoire d'Héritage commun !

  1. Histoire
À mesure que les pionniers yankees s'établissaient de plus en plus au nord de la vallée de la Kennebec, dans le comté de Somerset, ils s'éloignaient de la ville de Norridgewock et se trouvaient plus proches des marchés urbains de Québec que de ceux de Boston. Au début du dix-neuvième siècle, la capitale du Bas-Canada était un port d'expédition de bois d'oeuvre et un centre de construction navale en pleine croissance. C'était également un centre administratif et militaire. La ville avait besoin d'approvisionnements. Aussi, les éleveurs conduisaient-ils leur bétail vers le nord, à travers les bois, par une piste qu'il construisirent entre les routes longeant les rivières Kennebec et Chaudière. Il devint clair qu'il était à l'avantage de chacun de relier ces deux réseaux routiers. Dans le but de faciliter le commerce, le gouvernement du Massachusetts fit effectuer un tracé correspondant à la piste utilisée pour conduire les bestiaux. Toutefois, la Guerre de 1812 interrompit la réalisation du projet de route.

Dès que le traité de Gand confirma la fin des hostilités en Amérique du Nord, les commerçants du Bas-Canada cherchèrent à rétablir les échanges commerciaux même si on était inquiet des visées militaires des États-Unis. En 1815, le chemin de la Chaudière sur la rive nord-est de la rivière du même nom fut prolongé jusqu'à la rencontre de la rivière Du Loup et continué du côté nord-est de la Du Loup jusqu'à la haute terre, juste au sud de la frontière. Cette route de 40 km, qui suivait l'ancienne piste des éleveurs de bestiaux, était dessouchée et avait près de quatre mètres de large.

En 1817, alors que le district du Maine était en voie de se séparer du Massachusetts pour former un nouvel État, la Législature autorisa la construction d'un « sentier propre au voyage » qui permettrait le passage de charrettes de transport, de traîneaux et d'autres véhicules semblables. Cette voie de communication devait, pour l'essentiel, suivre la piste des conducteurs de bestiaux ; les arbres devaient être déracinés sur une largeur de près de cinq mètres et abattus sur une largeur de dix mètres, les trous comblés et la broussaille coupée. La route de près de 40 km allait de la rive nord de Parlin Pond jusqu'à la frontière canadienne. L'année suivante, le comté de Somerset fit construire une portion supplémentaire de 70 km reliant Concord et Parlin Pond et suivant, du côté ouest, le cours de la rivière Kennebec.

La «Line House», taverne située sur la route du Canada, à la frontière du Québec et du Maine, 1993.

(Collection deZilla Holden, Courtoisie de Ruth Reed, Jackman, Maine).

En 1819, un voyageur pouvait se rendre du Maine au Bas-Canada en empruntant ce qui ressemblait à une route. Au cours de la décennie qui suivit, elle fut surtout utilisée par les conducteurs de bestiaux qui amenaient chevaux et bétail au marché de Québec ou par des commerçants canadiens-français du Bas-Canada qui venaient s'approvisionner en poisson au Maine. Les colons étaient peu nombreux. La viande d'orignal faisait partie de l'alimentation de base. À une époque où les loups rôdaient autour des maisons et hurlaient jusqu'à l'aube lorsqu'ils étaient affamés, les quelques résidents de la région espéraient quand même qu'une route de transport serait construite. En 1830, le rêve de profits commerciaux amenèrent finalement les autorités gouvernementales à améliorer la route du Canada pour en faire une voie carrossable convenant aux conducteurs de bétail, aux commerçants, aux fonctionnaires de l'Armée et du Gouvernement, aux travailleurs, aux messagers, aux amateurs d'escalade fortunés, aux marins, aux fermiers et à leur famille. De nouveaux édifices apparurent le long de la route tels des bureaux de poste, des auberges, des postes de relais pour les diligences et des postes de douane.

Enquête archéologique. George Pratt, au site archéologique de Dutton Place, Concord au Maine.
(Photo de Barry Rodrigue, printemps 1996).
Enquête historique. Ruth Reed et Elaine Moore, Jackman, Maine, 1997. (Photo du Département des Affaires publiques, université du Maine).

Enquête historique. Soeur Thérèse Pelletier, SCIM, archiviste, Diocèse de Portland, Portland au Maine. (Photo de Barry Rodrigue, automne 1998). Enquête historique. Virginia Merrill à Solon au Maine. (Photo de Barry Rodrigue, automne 1996).


Enquête d'histoire orale. Harry Melcher et Barry Rodrigue à West Forks au Maine. (Photo du Département des Affaires publiques, université du Maine, 1998).



Enquête historique. Irene Foster à Moscow au Maine. (Photo de Moscow Town Report, printemps 1996).



Enquête archéologique. Bob Hunnewell, c. 1992, Bingham, Maine. (Town of Bingham, Annual Report, 1992, p. 1).
Enquête archéologique. Gary Cobb (gauche) et des chasseurs, Novembre 1997, Carrying Place, Maine.
(Photo de Barry Rodrigue).