Les routes d'Aroostook

  1. Situation géographique et contexte historique
  2. Sous les régimes français et britanniques
  3. Les premiers immigrants acadians et canadiens
  4. Le développement du Madawaska
  5. Tensions frontalières
  6. Routes militaires et commerciales
  7. Guerre évitée
  8. Nouvelles vagues d'immigration
  9. Une route bi-directionnelle
  10. Sources

  1. Une route bi-directionnelle
Alors qu'on a beaucoup de renseignements sur la venue des Acadiens et des Canadiens dans le comté d'Aroostook par la route du portage du Témiscouata à la fin du dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième, on n'en sait pas beaucoup sur l'utilisation du réseau routier d'Aroostook par les Canadiens français, plus tard au dix-neuvième siècle. Cependant on a pu établir que, dans les années 1830, les premières familles francophones étaient arrivées à Bangor alors que le réseau routier d'Aroostook était toujours en construction. Pendant les deux décennies qui suivirent, environ 100 autres familles s'établirent près de Bangor ; au cours des quatre décennies suivantes, plusieurs milliers d'immigrants en provenance du Canada se dirigèrent vers les villes industrielles situées plus au sud telles Waterville, Lewiston et Portland. Il est difficile de savoir combien de ces immigrants vinrent au Maine par le réseau des routes d'Aroostook. Même si les liens de parenté en Acadiens et Canadiens jouèrent un rôle important dans la colonisation dr Madawaska et du comté d'Aroostook, on connaît moins le rôle de tels facteurs dans la migration vers les régions situées plus au sud de la Nouvelle-Angleterre. De plus, la plupart des routes favorisaient les déplacements dans les deux directions. Nous constatons, en lisant l'autobiographie de Félix Albert que, du milieu à la fin du dix-neuvième siècle il traversa et retraversa les frontières du Québec, du Nouveau-Brunswick et du Maine à plusieurs reprises pour faire la coupe du bois, vendre des marchandises et rapporter au Québec de l'argent et des anecdotes au sujet des gens qu'il avait connus et des événements qu'il avait vécus lors de ses séjours au Maine. Quel fut l'impact de ces interactions sur les communautés situées en bout de parcours, au nord du réseau routier d'Aroostook ? De toute évidence, il y a plusieurs questions auxquelles il faudra chercher des réponses.

L'autobiographie de Félix Albert relate l'histoire d'un Canadien français qui, au milieu du dix-neuvième siècle, a quitté une paroisse située juste au nord du Lac Témiscouata et est venu travailler et faire du commerce au Maine en empruntant le réseau routier Témiscouata-Aroostook.

Source : Félix Albert, Immigrant Odyssey.