Les routes d'Aroostook

  1. Situation géographique et contexte historique
  2. Sous les régimes français et britanniques
  3. Les premiers immigrants acadians et canadiens
  4. Le développement du Madawaska
  5. Tensions frontalières
  6. Routes militaires et commerciales
  7. Guerre évitée
  8. Nouvelles vagues d'immigration
  9. Une route bi-directionnelle
  10. Sources

  1. Tensions frontalières
Le traité de Versailles (1783) qui marqua la fin de la guerre d'Indépendance américaine avait été vague quant à la situation géographique précise de la frontière du Nord-Est, entre la république américaine et les colonies britanniques d'Amérique du Nord. Pour les premiers colons acadiens et canadiens qui vivaient dans la région relativement isolée de Madawaska, les frontières politiques avaient peu d'importance. Mais à partir de 1810, environ, le besoin insatiable des Britanniques en bois d'oeuvre, durant les guerres napoléoniennes, conduisit les entrepreneurs forestiers du Nouveau-Brunswick à exploiter la forêt dense de Madawaska. Les marchands de bois de Bangor, au Maine, voyaient avec envie que le bois de la région de Madawaska était coupé et envoyé aux scieries de Fredericton et Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Des tensions quant à la situation géographique précise de la frontière commencèrent à apparaître alors que les marchands de bois se plaignaient à la Législature de l'État que la richesse du Nord du Maine descendait la rivière Saint-Jean pour aboutir dans les mains des Britanniques. Une telle jalousie était tout à fait normale puisque à l'époque l'économie de la région reposait sur le bois d'oeuvre. Entre 1830 et 1855, les scieries du Maine sur la rivière Penobscot traitaient la quantité impressionnante de trois milliards de pieds [cubes] de bois, alors que près des trois quarts des revenus d'exportation du Nouveau-Brunswick venaient des produits de la forêt. Comme l'écrit l'historien Barry Rodrigue « une économie d'échelle devint une économie d'affirmation alors que des préoccupations plus larges venant à la fois de Bangor et de Saint-Jean entrèrent dans les riches forêts de l'Ouest d'Aroostok où existait une des dernières forêts vierges de pin blanc du Nord-Est. »

La drave de billes dans la vallée de la Saint-Jean, à la fin dix-neuvième siècle ou au début du vingtième.

Source : Archives acadiennes, Université du Maine à Fort Kent.