Les routes d'Aroostook

  1. Situation géographique et contexte historique
  2. Sous les régimes français et britanniques
  3. Les premiers immigrants acadians et canadiens
  4. Le développement du Madawaska
  5. Tensions frontalières
  6. Routes militaires et commerciales
  7. Guerre évitée
  8. Nouvelles vagues d'immigration
  9. Une route bi-directionnelle
  10. Sources

  1. Les premiers immigrants acadians et canadiens
Alors qu'aujourd'hui le rôle de la route du portage du Témiscouata se limite au Canada contemporain, l'histoire de cette route permet de comprendre les origines du réseau de routes d'Aroostook qui s'est développé au Maine au dix-neuvième siècle. Quand les hostilités ont éclaté entre les Britanniques et les Français en 1754, les troupes britanniques commencèrent la déportation de toute la population acadienne établie aux abords des marais salants de la baie de Fundy, région qui fait aujourd'hui partie de la Nouvelle-Écosse. Les Acadiens furent placés à bord de bateaux pour être déportés en Angleterre et dans les colonies anglaises. Mais certains échappèrent aux autorités. Ainsi, près de 4 000 Acadiens réussirent à fuir au Canada ; plusieurs empruntèrent le portage du Témiscouata. Au Canada, ils trouvèrent refuge dans les seigneuries françaises situées le long du fleuve Saint-Laurent telles celles de Kamouraska et de Bellechasse. Lorsque le traité de Paris fut signé en 1763, plusieurs enfants issus de familles acadiennes s'étaient déjà mariés avec des fils et filles de familles canadiennes. D'autres cherchèrent à retourner dans leurs maisons ancestrales. Ceux qui sont rentrés chez ceux, comme d'autres exilés acadiens qui tentaient de revenir de l'Angleterre ou des colonies anglo-américaines, se rendirent compte que leurs terres avaient été confisquées et distribuées aux colons britanniques et loyalistes venus s'établir en Nouvelle-Écosse. Le retour des Acadiens était souvent reçu froidement par les autorités britanniques de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l'île du Prince-Édouard. Le processus de réétablissement des Acadiens dans le Canada atlantique était difficile à cette époque à cause des restrictions légales contre les catholiques et les tensions ethniques. En 1785, un groupe composé d'Acadiens et de Canadiens de Sainte-Anne-des-Pays-Bas (Frédéricton, NB) et de Hammond River (près de Saint-Jean, NB) a été attiré par des propriétés distribuées par le gouvernement du Nouveau-Brunswick et s'est installé au confluent des rivières Saint-Jean et Madawaska, créant la communauté de « Madawaska ». Ils y furent rejoints par d'autres Canadiens qui venaient du Sud de la vallée du Saint-Laurent. Comme l'indique l'historienne Béatrice Craig, alors que la colonisation de cette région semble être le fait de deux groupes un, acadien, et l'autre canadien c'était plutôt « une grande réunion de famille ». Plusieurs des familles des deux groupes étaient liées par de proches liens de parenté qu'ils avaient établis durant les années de la guerre et l'exil acadien dans la vallée du Saint-Laurent.

Photo d'époque (deuxième moitié du dix-neuvième siècle) ; cabane d'un pionnier de l'établissement de Madawaska.

Source : Société historique du Madawaska.

En 1815 puis en 1832, Joseph Bouchette, l'arpenteur général du Bas-Canada, publia deux ouvrages sur la topographie du Québec alors appelé Bas-Canada. Il y décrit l'histoire et les conditions de la route du portage du Témiscouata et le développement de la communauté de Madawaska à la frontière canado-américaine.

Source: Joseph Bouchette, Description topographique de la province du Bas Canada, 1815.